| Film Look |
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| Guide pratique - Post-production |
| Lundi, 10 Avril 2000 01:00 |
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Vous voulez tourner en DV et vous vous demandez comment obtenir une image qui ressemble plus à "Seven" qu’à "Hélène et les Garçons" ? La réponse est simple : laissez tomber la DV, embauchez Darius Khondji et tournez en 35mm. Vous n’en avez pas les moyens ? Vous êtes prêt à vous contenter d’une image qui ne ressemble pas vraiment à du film, mais vous souhaitez qu’elle perde un peu de son côté stérile et électronique ? Votre montage est destiné à être diffusé sur un écran télé ou sur le net et ne sera jamais gonflé en 35mm ? Alors lisez ce qui suit, nous avons peut-être des solutions pour vous.
La polémiqueCommençons d’abord par évacuer la polémique qui ne manque de renaître à chaque fois que l’on évoque le "filmlookage" d’une vidéo. Oui, le "FilmLook" est une aberration qui consiste en fait à dégrader votre image vidéo. Et alors ? Le but est d’obtenir une image qui vous plaise, qui satisfasse à votre désir artistique, pas d’obtenir l’image la plus proprette qui soit. Oubliez les règles, laissez courir votre imagination ! Pour une fois que vous êtes maître de de votre création, profitez-en, vous ne serez pas décu du voyage ! Vidéo vs. FilmPlusieurs facteurs sont responsables de la perception différente que l’on a d’une image dont l’origine est filmique. Sans trop entrer dans les détails, et malgré le côté forcément subjectif d’une telle comparaison, on peut évoquer quelques facteurs principaux : L’image film est le résultat d’un processus chimique. Elle est composée de grains (ou de cristaux) microscopiques qui sont déposés sur la pellicule de manière aléatoire. Chaque image est donc unique ce qui donne à leur enchainement un aspect "dansant" à peine perceptible. Les capteurs CCD d’une caméra vidéo enregistrent par contre toujours selon la même matrice régulière qui ne varie pas d’une image sur l’autre. C’est une des raisons qui nous font percevoir l’image film comme plus "granuleuse" bien que le grain soit quasiment invisible avec la plupart des émulsions modernes. Contrairement au film qui enregistre une image complète à un rythme de 24 i/s, la vidéo enregistre une moitié d’image tous les 1/50ème de seconde (en PAL). Cette image est entrelacée avec la suivante, la première demi-image balayant les lignes impaires, la seconde les lignes paires, ce qui donne l’illusion du mouvement. Le résultat est qu’une image film dont on aura effectué un télécinéma (transfert sur vidéo) aura un aspect légèrement stroboscopique. Il convient également de prendre en compte qu’à chaque émulsion correspond une courbe gamma particulière, ce qui explique que les couleurs peuvent parfois paraître plus saturées qu’en vidéo. Enfin, un autre aspect des plus marquants concernant l’image film en est la faible profondeur de champ qui contribue à lui donner une certaine "épaisseur". Le tournageUne partie de l’aspect filmique peut s’obtenir en travaillant sur vos images en post-production. Il ne faut cependant pas pour autant négliger quelques techniques applicables au moment du tournage qui participeront pour beaucoup à la réussite de votre "FilmLook". Essayez toujours de travailler avec une grande ouverture et en 1/50 de seconde. Utilisez si nécessaire des filtres de densité neutre pour parvenir à ce résultat. C’est le meilleur moyen de diminuer la profondeur de champ. Evitez donc de dépasser une ouverture de F4. Si votre caméra est équipée d’un "movie mode" ou "frame mode" qui vous permet de filmer en 25 images secondes non-entrelaçées, utilisez le ! Effectuez quand même quelques essais avant. Certains trouvent que l’effet stroboscopique est trop accentué et déplaisant au regard. Evitez en tous cas les mouvements de caméra trop rapides. Presque toutes les caméras utilisent un ajustement éléctronique de la netteté. Il s’agit en fait d’accentuer artificiellement les contours. Si votre caméra le permet, baissez le niveau de netteté. Si elle ne le permet pas, passez au conseil suivant : Utilisez un filtre de diffusion pour diminuer le contraste des contours. Attention, il ne s’agit pas d’obtenir un effet de "flou romantique" ! Choisissez un filtre dont la diffusion est légère. Vous pouvez également faire des essais en étirant un bas de couleur chair devant l’objectif (prévenez quand même votre copine !). Jouez sur la balance des blancs. Vous pouvez obtenir des tons plus chauds ou plus froid en faisant la balance des blancs sur des cartons légèrement teintés que vous aurez préparés et testés à l’avance. Il vaut alors mieux être vraiment sûr de ce que l’on fait. Dans le cas contraire, mieux vaut réserver cet effet pour la post-production. Pensez au format ! Le moyen le plus efficace de donner un aspect filmique à votre vidéo est tout simplement d’ajouter des bandes horizontales noires en haut et en bas de votre image lors de la post-production. Mais vous devez y penser dès le tournage et effectuer votre cadrage en conséquence ! Le mieux est de déterminer le format désiré à l’avance et de masquer l’écran LCD ou le viseur du camescope en fonction du ration L/H. Certains camescopes offrent la possibilité de tourner en mode 16/9ème, mais si vous regardez ensuite votre vidéo sur une télé 4/3 vous obtiendrez une image étirée en hauteur, pas des bandes noires en haut et en bas ! Tous ces conseils concernent uniquement le réglage de votre camescope, mais n’oubliez pas que le facteur le plus important dans l’obtention d’une image qui ait un "cachet cinéma" reste la manière dont vous filmez, le soin que vous apportez à l’éclairage, au son... Ce n’est pas l’objet de cet article... Je rajouterais simplement qu’il convient d’éviter les images trop contrastées, la vidéo étant très peu tolérante sur ce point. Vous devez donc soigner votre éclairage en conséquence afin d’éviter que les blancs ne "pêtent" trop. Si votre caméra est équipée de barres zébra, utilisez-les. Post-productionUne fois votre montage terminé, vous allez pouvoir réellement vous "amuser" à travailler vos images afin d’obtenir l’effet désiré. Faites des provisions, décrochez le téléphone et installez-vous confortablement devant votre ordinateur. Vous allez certainement y rester un bon moment ! Vous allez pouvoir ajouter des bandes noires horizontales en haut et en bas de votre image, booster la saturation des couleurs, ajouter du grain et enfin désentrelacer vos images. CineLook et FilmFXIl existe sur le marché deux plug-ins, l’un pour Premiere et l’autre pour After Effects qui permettent d’émuler automatiquement tel ou tel type d’émulsion. L’intérêt de ces plug-ins lorsque l’on veut donner un aspect cinéma à ses images est qu’ils permettent de réunir toutes les opérations nécessaires au sein d’une même interface. Outre les réglages pré-enregistrés, ces deux plug-ins vous permettent d’ajuster chaque paramètre à votre convenance. Vous pourrez ainsi ajuster la correction gamma, jouer sur les courbes de couleurs, définir le type de grain... et ce jusqu’à l’obtention de l’effet désiré. Vous pourrez ainsi obtenir toutes sortes d’effets, d’une simulation précise d’une émulsion Kodak, Fuji ou autre, à des effets plus poussés comme la simulation d’une nuit américaine ou d’une pellicule viellie. Un exemple de preset avec Cinelook : Vous risquez en tous cas d’y passer beaucoup de temps. Non seulement parce que les possibilités de réglages sont innombrables, mais aussi parce que ces effets demandent un temps de calcul considérable. Même avec un processeur très rapide, il faut compter une bonne dizaine d’heures de calcul pour chaque minute de vidéo. Autre détail qui a son importance, ces plug-ins sont chers, voire très chers : DigiEffects CineLook est un plug-in pour After Effects sur Macintosh ou Windows 95/98/95/98/NT/2000. CineLook Broadcast est proposé à $695.00. FilmFX 2.2 de BigFX est un plug-in pour Incite 2.5, Adobe Premiere, Adobe After Effects, in :sync Speed Razor et United Media Online Express. Disponible uniquement sous Windows pour $499. Heureusement vous pourrez télécharger des versions démo sur le site des éditeurs qui vous permettront de juger par vous-mêmes des qualités de ces plug-ins avant de casser votre tirelire. Mon avis personnel est que CineLook comme FilmFX sont des outils formidables qui vous permettent de réellement réfléchir à l’image que vous souhaitez obtenir. Si vous pensez en avoir une utilisation régulière ou si vous pensez qu’ils pourront apporter une réelle valeur ajoutée à l’un de vos projets, alors n’hésitez pas : vous ne pourrez plus vous en passer. Pour les autres, il existe des solutions alternatives qui devraient vous permettre d’obtenir de bons résultats en exploitant votre logiciel de montage et en investissant éventuellement dans d’autres plug-ins bien moins couteux : Le Système DDes logiciels comme Premiere ou MediaStudio Pro proposent plusieurs options qui vous permettront de donner un aspect plus ’cinéma’ à votre vidéo : Vous pouvez utiliser le filtre Motion blur (avec parcimonie) afin de donner un léger flou aux objets en mouvement. Vous pouvez également désentrelacer la vidéo afin d’obtenir une image complète toutes les 25 secondes. Dans Media Studio, il suffit de faire un click droit sur l’élément choisi, de selectionner ’field options’, puis de cocher la case ’deinterlace’. Vous pouvez aussi utiliser le filtre Soft Focus afin d’adoucir un peu les contours et d’obtenir un léger halo autour des zones claires. Une autre option consiste à copier votre vidéo sur-elle même en réglant la transparence sur 20% et en ajoutant un peu de flou gaussien à cette piste supplémentaire. Vous pouvez ensuite utiliser le filtre ’Add Noise’ afin d’ajouter un faible pourcentage de bruit aléatoire ’random noise’. Evidemment vous n’aurez pas la possibilité de rajouter du grain séparemment sur chaque canal RGB, ni même du grain monochrome, comme avec CineLook ou FilmFX. Cependant cela peut faire l’affaire si vous recherchez un effet poussé. Il ne vous reste plus qu’à rajouter vos bandes horizontales noires en haut et en bas de l’écran. Dans Premiere, vous pouvez utiliser le filtre vidéo ’élément’ à cet effet. Autres plug-insSi vous décidez de vous passer de Cinelook et de FilmFX, je ne saurais trop vous conseiller d’investir dans ViXen Video Enhancer, un plug-in pour Premiere et Speed Razor sous Windows qui se révèle rapidement indispensable dès qu’une image nécessite des ajustements de colorimétrie. Vous pourrez l’utiliser pour modifier le gamma et la saturation indépendemment sur chaque canal RGB, mais aussi pour modifier la matrice du bruit en ajustant les réglages ’temporal’ et ’spatial’. ViXen est également d’une simplicité déconcertante pour modifier la balance des blancs et vous permet de sauvegarder vos réglages. ViXen Video Enhancer, développé par Xentrik Films, est disponible sur le net pour un prix de $142.95. Vous pouvez vous faire votre propre opinion de l’utilité de ce plug-in en téléchargeant une version démo limitée à 30 jours. J’ai également déniché un autre petit plug-in gratuit pour After Effects sous Windows qui va recalculer la colorimétrie de vos images selon un algorythme censé leur donner un aspect cinéma. Malgré son manque de paramétrage, ce plug-in se révèle plutôt intéressant si vous souhaitez obtenir un résultat efficace sans trop vous poser de questions. Rien ne vous empêche de cumuler cet effet avec ceux proposés ci-dessus. Easy Movie Colors de VideoX est distribué gratuitement par son créateur allemand Rudi Schmidts sous la forme d’un ’slowware’. Cela veut dire que la version gratuite est infiniment plus lente à calculer un rendu que la version complète qui est vendue pour la modique somme de 50 DM ou $30. |


